Le contexte historique
Depuis 1914, la Russie est engagée dans la Première Guerre mondiale. Les défaites, les pénuries et la famine usent le pays. En février 1917, des grèves et des manifestations ouvrières éclatent à Petrograd, la capitale. Des soldats refusent de tirer sur les manifestants et se mutinent : sans l'armée, le tsar Nicolas II ne peut plus gouverner et abdique. Un gouvernement provisoire lui succède, mais il prend deux décisions impopulaires : poursuivre la guerre et reporter la distribution des terres aux paysans.
En octobre 1917, les bolcheviks, un parti révolutionnaire dirigé par Lénine, prennent le pouvoir par une insurrection à Petrograd. Leur programme tient en quelques mots simples : la paix, la terre aux paysans, le pain pour tous. Ils signent une paix séparée avec l'Allemagne en 1918, au prix de lourdes pertes territoriales, puis affrontent une guerre civile contre leurs adversaires, qu'ils finissent par remporter.
Comprendre le repère
Une révolution n'est pas seulement un changement de gouvernement : c'est une transformation de l'ensemble de la société. Les bolcheviks instaurent un parti unique, confisquent les terres et les usines, et créent une police politique, la Tchéka. En 1922, ils fondent l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), un État fédéral dominé par la Russie. Ce modèle inspire des partis communistes dans le monde entier et nourrit, en retour, de profondes peurs chez ses adversaires.
Ce qu'il faut éviter d'affirmer
Il ne faut pas confondre les deux révolutions de 1917 : celle de février renverse le tsarisme, celle d'octobre installe le pouvoir bolchevik. Les dates doubles (février/mars, octobre/novembre) viennent du calendrier julien alors en usage en Russie, en retard de treize jours sur le calendrier grégorien. Enfin, la révolution ne « modernise » pas le pays à elle seule : elle ouvre aussi une guerre civile dévastatrice et une longue période de répression.
À retenir
La révolution d’Octobre fonde un modèle politique qui pèse sur tout le siècle : parti unique, économie planifiée, répression des opposants. Elle explique aussi une grande part des rivalités de la guerre froide.


