Le contexte historique
L'archipel indonésien est une colonie néerlandaise depuis le XIXe siècle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Japon occupe les îles et chasse les autorités coloniales, ce qui affaiblit durablement le prestige européen. Des mouvements nationalistes, actifs depuis le début du siècle, s'organisent. Le 17 août 1945, profitant du vide laissé par la défaite japonaise, Soekarno et Mohammad Hatta proclament l'indépendance à Jakarta.
Les Pays-Bas refusent cette indépendance et tentent de reprendre le contrôle par la force. S'ensuivent quatre années de combats et de pourparlers. Sous la pression de l'ONU et des États-Unis, qui menacent de couper leur aide, les Pays-Bas transfèrent finalement la souveraineté en décembre 1949.
Comprendre le repère
Le cas indonésien montre qu'une décolonisation comporte presque toujours plusieurs temps : la proclamation, la lutte, puis la reconnaissance internationale. Une indépendance n'existe pleinement que lorsque les autres États l'acceptent. L'Indonésie devient ensuite un acteur majeur du tiers-monde : elle accueille en 1955 la conférence de Bandung, qui rassemble des pays d'Asie et d'Afrique refusant de choisir entre les deux blocs de la guerre froide.
Ce qu'il faut éviter d'affirmer
L'indépendance n'a pas été « offerte » par le Japon : l'occupation japonaise a été dure, et la proclamation est l'œuvre des nationalistes indonésiens. La date de 1945 est celle de la proclamation ; celle de la reconnaissance internationale est 1949. Les deux dates racontent des réalités différentes, et les confondre efface quatre années de guerre.
À retenir
L’Indonésie est l’une des premières grandes colonies à conquérir son indépendance après 1945. Son exemple montre qu’une proclamation ne suffit pas : la souveraineté se gagne aussi par la guerre et la reconnaissance internationale.


