Le contexte historique
Depuis la fin du XIXe siècle, le mouvement sioniste défend le projet d'un foyer national juif en Palestine, alors peuplée majoritairement d'Arabes. Après la Première Guerre mondiale, la Grande-Bretagne administre ce territoire sous mandat international. La Shoah, qui extermine six millions de Juifs d'Europe, donne au projet une urgence nouvelle. En novembre 1947, l'ONU vote un plan de partage prévoyant deux États, l'un juif, l'autre arabe ; les dirigeants arabes le refusent.
Le 14 mai 1948, au départ des Britanniques, Ben Gourion proclame l'indépendance d'Israël. Dès le lendemain, les armées de plusieurs États arabes voisins entrent en guerre contre le nouvel État. Israël remporte ce premier conflit en 1949. Environ 700 000 Palestiniens fuient ou sont expulsés de leurs villes et villages : c'est ce que les Palestiniens appellent la Nakba, la « catastrophe ».
Comprendre le repère
Cette naissance d'État concentre plusieurs notions clés du XXe siècle : le nationalisme, la décolonisation, les conséquences du génocide des Juifs d'Europe et le rôle de l'ONU. Elle explique aussi la suite : aucun État palestinien ne voit le jour en 1948, et les réfugiés palestiniens et leurs descendants restent au cœur d'un conflit qui dure encore. Étudier 1948 impose de tenir ensemble deux récits légitimes et contradictoires, sans les confondre ni les opposer artificiellement.
Ce qu'il faut éviter d'affirmer
L'ONU n'a pas « créé » Israël : elle a proposé un partage que la proclamation de 1948 et la guerre ont dépassé. Le conflit n'oppose pas des peuples éternellement ennemis : il naît de revendications nationales concurrentes sur un même territoire, dans un contexte précis. Enfin, la guerre de 1948-1949 est la première d'une série de conflits, non un épisode clos.
À retenir
La naissance d’Israël est à la fois l’aboutissement d’un mouvement national et le point de départ d’un conflit durable. L’étudier impose de tenir ensemble deux mémoires : l’indépendance pour les Israéliens, l’exil pour les Palestiniens.


