Le contexte historique
Depuis 1946, la France combat en Indochine le Viêt-minh, un mouvement indépendantiste et communiste dirigé par Hô Chi Minh. Fin 1953, l'état-major français installe un camp retranché dans la cuvette de Diên Biên Phu, au nord-ouest du Vietnam, pour y attirer l'adversaire. Le général Giáp relève le défi : ses troupes transportent à dos d'homme et à vélo des centaines de canons, démontés pièce par pièce, jusqu'aux collines qui dominent la cuvette.
Dès mars 1954, l'artillerie du Viêt-minh pilonne le camp, que l'aviation française ne parvient plus à ravitailler. Le 7 mai, après 57 jours de siège, les dernières positions tombent. Quelques semaines plus tard, les accords de Genève mettent fin à la guerre et partagent provisoirement le Vietnam en deux États, au nord et au sud du 17e parallèle.
Comprendre le repère
Diên Biên Phu est un tournant symbolique : pour la première fois, une armée coloniale européenne est battue dans une grande bataille rangée par un mouvement de libération. L'événement retentit dans tout le monde colonial, notamment en Algérie, où la guerre commence quelques mois plus tard. La partition du Vietnam prépare aussi le conflit suivant : la guerre du Vietnam, qui opposera le Nord au Sud soutenu par les États-Unis.
Ce qu'il faut éviter d'affirmer
La bataille n'a pas été perdue par manque de courage des soldats français, mais par une erreur d'appréciation stratégique : le haut commandement a sous-estimé la logistique adverse. Les accords de Genève de 1954 ne créent pas deux Vietnam définitifs : la partition est présentée comme provisoire, en attendant des élections qui n'auront jamais lieu.
À retenir
Pour la première fois, une armée coloniale européenne est battue dans une grande bataille par un mouvement de libération. La partition du Vietnam prépare aussi la guerre du Vietnam, l’un des grands conflits de la guerre froide.


