Le contexte historique
L'Europe sort ruinée de la Seconde Guerre mondiale. Dès 1951, six pays (France, République fédérale d'Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) créent la Communauté européenne du charbon et de l'acier : ils mettent en commun ces deux ressources, essentielles à l'industrie d'armement, pour qu'aucun ne puisse préparer une guerre sans que les autres le sachent. L'échec d'un projet d'armée européenne en 1954 n'arrête pas la dynamique.
Le 25 mars 1957, les mêmes six pays signent à Rome deux traités : l'un crée la Communauté économique européenne (CEE), l'autre la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom). La CEE instaure un marché commun : suppression progressive des droits de douane entre les membres et politiques communes, à commencer par l'agriculture.
Comprendre le repère
L'idée fondatrice est simple : l'interdépendance économique rend la guerre matériellement plus difficile et la paix profitable. Le traité de Rome est la matrice de l'Union européenne actuelle : le marché commun deviendra le marché unique, puis l'union monétaire. Il montre aussi qu'une construction politique peut avancer par étapes économiques plutôt que par une constitution d'emblée fédérale.
Ce qu'il faut éviter d'affirmer
Le traité de 1957 ne crée pas « l'Union européenne », un nom qui n'existe qu'à partir du traité de Maastricht en 1992. Le Royaume-Uni n'est pas membre fondateur : il n'adhère qu'en 1973. Enfin, la construction européenne n'efface pas les États : elle les amène à partager une partie de leurs compétences dans des domaines précis.
À retenir
Le traité de Rome illustre une idée simple : rendre la guerre impossible en rendant les pays interdépendants. C’est la base des institutions qui encadrent aujourd’hui une grande partie de la vie économique des Européens.


