Le contexte historique
Après la Seconde Guerre mondiale, les empires coloniaux s'affaiblissent. En Afrique, des partis nationalistes réclament l'indépendance, parfois par la négociation, parfois par la lutte armée. En 1958, le général de Gaulle propose aux colonies françaises un référendum : la Guinée choisit l'indépendance immédiate, les autres restent provisoirement dans la Communauté. Deux ans plus tard, presque toutes deviennent indépendantes.
En 1960, dix-sept États accèdent à la souveraineté : d'anciennes colonies françaises (Sénégal, Côte d'Ivoire, Cameroun, Madagascar, Niger, Mali, entre autres), belges (le Congo) ou britanniques (le Nigeria). L'ONU accueille seize nouveaux membres africains cette année-là. Au Congo, l'indépendance tourne à la crise : mutinerie de l'armée, sécession du Katanga et intervention de l'ONU.
Comprendre le repère
L'indépendance politique ne met pas fin à toutes les dépendances. Les nouveaux États héritent de frontières tracées par la colonisation, d'économies tournées vers l'exportation de matières premières et d'administrations à construire. Certains conservent des liens étroits avec l'ancienne puissance coloniale, notamment monétaires, comme le franc CFA. C'est ce que les critiques appellent le néocolonialisme : une dépendance qui survit à l'indépendance formelle.
Ce qu'il faut éviter d'affirmer
Les indépendances africaines ne datent pas toutes de 1960 : le Ghana est indépendant depuis 1957, l'Algérie ne le sera qu'en 1962, et les colonies portugaises attendront 1974-1975. L'« année de l'Afrique » est un sommet, non la totalité du processus. Enfin, les trajectoires des dix-sept États divergent fortement ensuite : il n'existe pas un destin africain unique.
À retenir
1960 change la carte du monde : l’ONU accueille d’un coup de nombreux nouveaux membres. Mais l’indépendance politique n’efface pas les dépendances économiques, ce que l’on appelle parfois le néocolonialisme.


