Le contexte historique
L'Algérie est sous domination française depuis 1830 et compte environ un million d'habitants d'origine européenne, les « pieds-noirs ». Le 1er novembre 1954, le Front de libération nationale (FLN) déclenche l'insurrection. La guerre est très dure : attentats, répression, torture, regroupements forcés de populations. En France, la crise fait tomber la IVe République et ramène le général de Gaulle au pouvoir en 1958.
De Gaulle évolue vers l'idée d'une autodétermination, ce que les partisans de l'Algérie française vivent comme une trahison : en avril 1961, des généraux tentent un putsch à Alger, et l'OAS, une organisation clandestine, multiplie les attentats. Les accords d'Évian, signés en mars 1962, organisent le cessez-le-feu et un référendum. Approuvée massivement, l'indépendance est proclamée le 5 juillet 1962 ; près d'un million de pieds-noirs quittent l'Algérie.
Comprendre le repère
La guerre d'Algérie montre qu'une décolonisation peut être une guerre longue, menée sur deux rives de la Méditerranée. Elle a aussi durablement marqué les mémoires : celle des Algériens, celle des rapatriés, celle des harkis, ces auxiliaires algériens de l'armée française abandonnés ou massacrés, et celle des appelés français. Ces mémoires multiples expliquent que le sujet reste sensible des décennies plus tard.
Ce qu'il faut éviter d'affirmer
En France, on a longtemps parlé d'« événements d'Algérie » : la loi n'a reconnu officiellement le nom de guerre qu'en 1999. L'indépendance n'est pas la seule date du conflit : 1954 (début de l'insurrection) et mars 1962 (accords d'Évian) en sont d'autres repères. Enfin, les violences ne se sont pas arrêtées net le jour de l'indépendance, comme le montre le massacre du 5 juillet 1962 à Oran.
À retenir
La guerre d’Algérie marque durablement les deux sociétés. Elle montre qu’une décolonisation peut être une guerre longue, dont les mémoires restent conflictuelles des décennies plus tard.


