Le contexte historique
Le shah Mohammad Reza Pahlavi règne sur l'Iran depuis 1941. Soutenu par les États-Unis, il mène une politique de modernisation autoritaire : réforme agraire, droit de vote des femmes, mais aussi parti unique et police politique redoutée, la Savak. En 1978, un mouvement de protestation immense rassemble des étudiants, des ouvriers, des commerçants du bazar et le clergé chiite. Face aux grèves et aux manifestations, le shah quitte le pays en janvier 1979.
Le 1er février 1979, l'ayatollah Khomeyni, opposant historique exilé depuis quinze ans, revient à Téhéran, accueilli par des foules immenses. Le régime monarchique s'effondre en quelques jours. Un référendum fonde la République islamique : le pouvoir y est partagé entre des institutions élues et une autorité religieuse suprême. En novembre, des étudiants prennent en otage le personnel de l'ambassade américaine, ouvrant une rupture durable avec les États-Unis.
Comprendre le repère
Cette révolution surprend les observateurs : au XXe siècle, les révolutions se réclamaient du socialisme ou du nationalisme laïc, jamais encore de la religion. Elle montre qu'un régime paraissant solide, armé et soutenu par une grande puissance, peut s'effondrer en quelques mois face à une mobilisation massive. Elle transforme aussi les équilibres du Moyen-Orient : l'Iran devient un adversaire déclaré des États-Unis et d'Israël, et la guerre Iran-Irak éclate en 1980.
Ce qu'il faut éviter d'affirmer
La révolution n'a pas été menée par le seul clergé : le mouvement de 1978 réunissait des forces très diverses, dont des laïcs et des partis de gauche, ensuite écartés du pouvoir. La République islamique n'abolit pas toute élection : elle combine suffrage et contrôle religieux, ce qui la distingue d'une dictature classique. Enfin, l'Iran n'est pas un pays arabe : sa langue est le persan et son islam majoritairement chiite.
À retenir
La révolution iranienne montre qu’au XXe siècle, une révolution peut se réclamer de la religion plutôt que du socialisme ou du nationalisme laïc. Elle transforme durablement les équilibres du Moyen-Orient.


