Le contexte historique
Au Rwanda, les catégories hutu et tutsi, d'abord sociales, ont été rigidifiées par l'administration coloniale belge, qui inscrit l'« ethnie » sur les cartes d'identité. Depuis 1990, une guerre civile oppose le gouvernement hutu au Front patriotique rwandais (FPR), une rébellion issue de réfugiés tutsi. La propagande extrémiste, diffusée notamment par la radio des Mille Collines, désigne les Tutsi comme des ennemis à éliminer.
Le 6 avril 1994, l'avion du président Habyarimana est abattu. Dès le lendemain, des militaires, des gendarmes et des miliciens Interahamwe dressent des barrages et commencent les massacres, guidés par des listes. Les tueries durent environ cent jours et font, selon l'ONU, environ 800 000 victimes, en grande majorité tutsi. Le FPR reprend les armes et prend le contrôle du pays en juillet, mettant fin au génocide.
Comprendre le repère
Un génocide n'est pas une explosion spontanée de haine : c'est un crime organisé, qui suppose une préparation, une administration et une propagande. Celui du Rwanda a été commis à grande échelle, souvent par des voisins contre des voisins, sous les yeux d'une communauté internationale qui n'est pas intervenue. Il a conduit à la création d'un tribunal pénal international pour le Rwanda et à la réflexion sur la « responsabilité de protéger » les populations.
Ce qu'il faut éviter d'affirmer
Il ne s'agit pas d'une « guerre tribale » ancestrale : les antagonismes ont été construits et exacerbés par l'histoire coloniale et politique récente. Les Hutu ne sont pas collectivement coupables : des Hutu ont été tués pour s'être opposés aux massacres ou avoir protégé des Tutsi. Enfin, le génocide a eu des suites régionales majeures, notamment les guerres du Congo à partir de 1996.
À retenir
Le génocide des Tutsi rappelle qu’un génocide est un crime organisé, préparé par la propagande et l’État. Il a conduit à créer un tribunal pénal international et à réfléchir à la responsabilité de protéger les populations.


