Retrouver le repère sur la frise
    Sociétés et croyancesDocument illustré · 1300–1400

    La peste à Tournai : représenter une mortalité collective

    Cette miniature montre la mise en terre des morts à Tournai. Réalisée vers 1353 par Pierart dou Tielt dans un manuscrit du récit de Gilles Li Muisit, elle est proche de l’épidémie, mais postérieure à l’épidémie de 1349. Elle permet de réfléchir à la manière dont une communauté raconte la catastrophe, sans la traiter comme un bilan chiffré.

    Miniature montrant la mise en terre des victimes de la peste à Tournai, avec des porteurs et des cercueils.
    Enterrer les morts de la peste à Tournai. Vers 1353. Pierart dou Tielt / KBR, manuscrit de Gilles Li Muisit, ms. 13076–13077, fol. 24v / Wikimedia Commons. Domaine public.Date de l’image : Vers 1353. Miniature postérieure à l’épidémie de 1349 à Tournai ; elle illustre le récit de Gilles Li Muisit.Pierart dou Tielt / KBR, manuscrit de Gilles Li Muisit, ms. 13076–13077, fol. 24v / Wikimedia Commons · notice source · Public domain · Reproduction redimensionnée et convertie en WebP, sans recadrage.

    Deux dates à distinguer

    Le document
    Enterrer les morts de la peste à Tournai
    Vers 1353
    Le repère historique
    1349 · La peste frappe Tournai
    Tournai, actuelle Belgique

    Miniature postérieure à l’épidémie de 1349 à Tournai ; elle illustre le récit de Gilles Li Muisit.

    Le contexte historique

    La peste noire se diffuse au XIVe siècle dans des territoires reliés par les déplacements des personnes et des marchandises. La maladie est liée à la bactérie Yersinia pestis ; ses mécanismes précis de transmission dans chaque foyer historique font l’objet de recherches. Les sociétés du temps ne disposent pas de cette explication microbiologique. Elles cherchent des causes dans leurs connaissances médicales, religieuses et sociales, et mettent en œuvre des réponses diverses.

    À Tournai, la mort de nombreux habitants transforme la vie collective. Enterrer les corps, maintenir les activités et donner un sens à ce qui arrive deviennent des préoccupations concrètes. Les effets varient selon les lieux et les groupes. Une catastrophe ne suspend pas toute action humaine : soins, rites, entraide et tensions continuent. Des persécutions de communautés accusées à tort rappellent aussi que chercher un responsable peut produire de nouvelles violences.

    Comprendre le document

    La miniature organise des corps, des cercueils et des porteurs dans une scène lisible. La répétition des gestes rend visible le caractère collectif des morts. Un enlumineur ne travaille pas comme un photographe : il compose une image destinée à accompagner un récit. L’association du texte et de l’image situe le regard dans un milieu particulier, celui du manuscrit de Gilles Li Muisit.

    Observer les gestes funéraires aide à poser des questions sur le traitement des morts et la place des vivants. Cela ne permet pas d’établir le nombre quotidien des décès. Une illustration choisit des éléments pour raconter ; elle ne conserve pas automatiquement chaque pratique de la ville. La comparaison avec des sources écrites, des sépultures et des analyses scientifiques permet de distinguer expérience racontée et reconstruction des mécanismes de la maladie.

    Les limites et les sources

    L’image de vers 1353 n’est pas une observation prise au début de l’épidémie. Elle ne prouve ni un bilan mondial ni un taux de mortalité pour Tournai. On ne peut pas diagnostiquer les personnes représentées à partir de leurs seuls vêtements ou positions. La cote du manuscrit, 13076–13077, folio 24v, et l’attribution à Pierart dou Tielt doivent accompagner la reproduction. Les sources de la notice distinguent diffusion de la peste et histoire particulière de ce document.

    À retenir

    Ce dossier distingue une pandémie d’un témoignage situé et apprend à croiser texte, image et recherches scientifiques.

    Documents liés

    Sources et documents pour approfondir

    Retour à l’atlas