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    Question d'oral

    Qu’appelle-t-on exactement “absolutisme” : quels critères permettent de le définir ?

    Réponse d'oral

    L’absolutisme désigne un régime des monarchies européennes des XVIe au XVIIIe siècles dans lequel le souverain revendique une autorité suprême et indivisible, sans partage institutionnel du pouvoir. Pour le définir, le critère essentiel n’est donc pas la brutalité du gouvernement, mais la place du roi : aucune institution du royaume ne peut prétendre exercer une souveraineté égale à la sienne. Le monarque fait la loi, dirige l’administration et l’armée, et constitue la source de toute justice. Il peut déléguer ces fonctions, mais leurs détenteurs agissent en son nom.
    Cette souveraineté indivisible reçoit une formulation majeure chez Jean Bodin, dans Les Six Livres de la République, en 1576. Le droit divin, défendu notamment par Bossuet, apporte une autre justification : le roi tient son autorité de Dieu, et non du consentement de ses sujets. Concrètement, l’absolutisme se reconnaît aussi à la volonté de renforcer l’administration, de contrôler les grands seigneurs et de disposer de ressources fiscales et militaires durables. En France, Louis XIV gouverne sans principal ministre à partir de 1661 : c’est un exemple précis de concentration de la décision politique.
    Mais pouvoir absolu ne signifie pas pouvoir sans limites. Le roi doit respecter les lois fondamentales du royaume, notamment les règles de succession. Il compose aussi avec les privilèges, les coutumes et les résistances locales. L’absolutisme est donc autant une ambition politique qu’une réalité toujours incomplète. Toute la question est alors de savoir jusqu’où un pouvoir peut se dire souverain lorsqu’il dépend, pour agir, de ceux qui lui obéissent.