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    Question d'oral

    Deepfakes et rajeunissement numérique : quelle identité pour l’acteur ?

    Réponse d'oral

    Les deepfakes et le rajeunissement numérique transforment l’identité de l’acteur : son visage et sa voix peuvent désormais être modifiés, reproduits ou séparés de sa présence sur le plateau. Le deepfake permet notamment de substituer un visage à un autre ; le rajeunissement numérique lui donne une apparence plus jeune. Dans The Irishman de Martin Scorsese, sorti en 2019, Robert De Niro apparaît ainsi à différents âges. Mais rajeunir ses traits ne suffit pas à rajeunir ses gestes. Cet écart rappelle qu’un acteur n’est pas seulement une image : il joue aussi avec son corps, son rythme et sa manière d’occuper l’espace.
    Ces techniques rendent plus visible une réalité ancienne : au cinéma, l’interprétation est une création collective. Le cadrage, la lumière et le montage façonnent déjà ce que le public perçoit. Désormais, les équipes d’effets visuels peuvent aussi retoucher directement l’apparence du comédien. Une question apparaît alors : qui produit l’émotion, l’interprète ou ceux qui transforment sa performance ? Il ne faut pas forcément les opposer. Le numérique peut prolonger une incarnation, mais aussi fabriquer une présence que l’acteur n’a jamais choisie.
    L’enjeu central devient donc le consentement. Autoriser une transformation pour un film ne devrait pas signifier céder indéfiniment son visage ou sa voix. Les conflits sociaux à Hollywood en 2023 ont notamment porté sur l’encadrement des répliques numériques des interprètes. Il faut distinguer l’outil artistique de l’exploitation d’une identité sans accord. Si une vedette peut rester éternellement jeune à l’écran, quelle place laissera-t-on aux visages qui vieillissent et aux nouveaux acteurs ?