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    Question d'oral

    Que change l’AfCFTA : commerce intra-africain, industrialisation, infrastructures ?

    Réponse d'oral

    L’AfCFTA, appelée en français Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), vise à développer le commerce intra-africain, à soutenir l’industrialisation et à accélérer les infrastructures en réduisant les obstacles entre marchés africains. Les échanges sous ce régime ont officiellement commencé le 1er janvier 2021, mais son application reste progressive. L’objectif est de supprimer les droits de douane sur 90 % des catégories de produits, selon des calendriers différents. Il s’agit aussi de simplifier les formalités aux frontières. Une entreprise kényane pourrait ainsi vendre plus facilement ses produits au Ghana plutôt que de viser uniquement les marchés européens ou asiatiques.
    Le principal changement attendu est la création de chaînes de production régionales. Au lieu d’exporter seulement du coton brut, un pays pourrait fournir une filature voisine, puis un fabricant de vêtements destiné au marché continental. Un marché plus vaste peut attirer des investissements et rendre certaines usines rentables. Mais les règles d’origine sont décisives : elles permettent de réserver les avantages commerciaux aux produits suffisamment fabriqués ou transformés en Afrique, plutôt qu’aux marchandises simplement réexportées depuis un autre continent.
    Cependant, supprimer une taxe ne répare ni une route ni une coupure d’électricité. Les infrastructures restent donc indispensables : ports, chemins de fer, réseaux électriques et outils douaniers numériques. La ZLECAf renforce l’intérêt de ces investissements, sans les financer automatiquement. Ses bénéfices risquent aussi de favoriser les économies déjà industrialisées, comme l’Afrique du Sud, si les autres manquent de moyens. L’enjeu est donc de savoir si l’ouverture commerciale permettra aussi de mieux répartir les activités et les emplois sur le continent.