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    Question d'oral

    Actualité : comment les recompositions régionales (Sahel, Corne, Soudan) interrogent-elles les mécanismes africains de sécurité collective ?

    Réponse d'oral

    Les recompositions régionales au Sahel, dans la Corne de l’Afrique et au Soudan interrogent les mécanismes africains de sécurité collective : comment agir ensemble lorsque les États contestent les organisations communes ou poursuivent des intérêts opposés ? L’Union africaine et les organisations régionales doivent prévenir les conflits, condamner les coups d’État et organiser des médiations. Mais elles dépendent de la coopération des gouvernements, de financements souvent extérieurs et d’un accord politique difficile à obtenir. Leur faiblesse n’est donc pas seulement militaire : elle tient aussi à leur légitimité.
    Au Sahel, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont créé l’Alliance des États du Sahel en septembre 2023. Leur retrait de la CEDEAO est devenu effectif le 29 janvier 2025. Cette rupture révèle les limites des sanctions et de la menace d’intervention employées après les coups d’État. Ces gouvernements privilégient leur souveraineté et de nouveaux partenariats, notamment avec la Russie. Pourtant, les groupes djihadistes franchissent les frontières : la fragmentation politique complique le partage du renseignement et la coordination militaire, indispensables pour protéger les populations.
    Dans la Corne de l’Afrique, les tensions entre l’Éthiopie et la Somalie autour de l’accès à la mer montrent aussi la concurrence des médiateurs : la Turquie a facilité leur déclaration d’Ankara en décembre 2024. Au Soudan, la guerre commencée le 15 avril 2023 oppose l’armée aux Forces de soutien rapide, tandis que les ingérences extérieures compliquent les négociations. Ces crises appellent des mécanismes africains mieux financés, plus cohérents et capables d’associer les sociétés civiles. Reste une question : comment respecter la souveraineté des États sans abandonner les populations à la violence ?