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    Question d'oral

    Après 1945 : pourquoi l’abstraction et les grands formats deviennent-ils centraux ?

    Réponse d'oral

    Après 1945, l’abstraction et les grands formats deviennent centraux parce qu’ils permettent de renouveler le langage artistique après la guerre, tout en accompagnant le déplacement du centre de l’art de Paris vers New York. Les massacres et la Shoah ébranlent la confiance dans le progrès et dans les images traditionnelles. Pour certains artistes, représenter le monde ne suffit plus : il faut exprimer une tension, une présence, une émotion sans passer par des personnages reconnaissables. Mais l’abstraction n’est pas née en 1945 : Kandinsky ou Mondrian l’exploraient déjà avant la guerre.
    Aux États-Unis, l’expressionnisme abstrait donne à cette recherche une ampleur nouvelle. Jackson Pollock pose ses toiles au sol et y projette ou laisse couler la peinture. Dans Autumn Rhythm (Number 30), réalisé en 1950 et large de plus de cinq mètres, la surface garde la trace de ses déplacements. Le tableau devient un espace d’action. Chez Mark Rothko, les vastes champs colorés invitent plutôt au silence et à la contemplation. Dans les deux cas, le grand format engage le corps du spectateur : on ne regarde plus seulement une image, on se sent enveloppé par elle.
    Cette place centrale tient aussi aux institutions artistiques : galeries, collectionneurs et musées américains soutiennent ces œuvres et leur donnent une visibilité internationale. Pendant la guerre froide, elles peuvent incarner la liberté individuelle face au réalisme imposé en URSS. Cela ne signifie pourtant pas que la figuration disparaît, comme le montrent Francis Bacon ou Alberto Giacometti. La question devient alors : un tableau doit-il montrer quelque chose pour nous faire éprouver quelque chose ?