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    Question d'oral

    Pourquoi la définition de McCloud insiste-t-elle sur la séquence ? Qu’est-ce que ça change pour comprendre la BD ?

    Réponse d'oral

    La définition de McCloud insiste sur la séquence parce que la bande dessinée produit du sens par l’enchaînement des images, et pas seulement par ce que chacune représente. Dans L’Art invisible (1993), il souligne que ces images sont placées côte à côte dans un ordre volontaire. Cet ordre permet de raconter une action, de suggérer une durée ou de créer une surprise. Une case montre un homme qui lâche un verre ; la suivante montre des éclats au sol. La chute n’est pas dessinée, mais nous la comprenons immédiatement.
    Cela change notre manière de lire la BD : le lecteur n’est pas un simple spectateur, il reconstitue ce qui manque entre les cases. L’espace qui les sépare devient donc essentiel. Selon leur succession, deux images peuvent évoquer un mouvement rapide, plusieurs années écoulées ou deux événements simultanés. Le découpage et la disposition sur la page règlent aussi le rythme. Chez Hergé, dans les aventures de Tintin, un geste décomposé en plusieurs cases peut ainsi préparer un gag ou prolonger le suspense.
    La BD apparaît alors comme un langage autonome, et non comme un récit écrit auquel on aurait ajouté des dessins. Les bulles, les cartouches et les onomatopées enrichissent ce langage, mais les mots ne sont pas indispensables : une séquence muette peut parfaitement raconter une histoire. Cette définition invite surtout à regarder les relations entre les images plutôt qu’à juger seulement la beauté du dessin. Et si une part essentielle de la bande dessinée se jouait précisément dans ce qu’elle ne montre pas ?