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    Question d'oral

    Quelle est la frontière entre “chimie naturelle” et “chimie industrielle” : a-t-elle un sens ?

    Réponse d'oral

    La frontière entre chimie naturelle et chimie industrielle a un sens pour distinguer des modes de production, mais pas deux sortes de matière soumises à des lois différentes. Dans une plante comme dans une usine, les atomes s’assemblent et se réorganisent selon les mêmes règles. Une molécule de vitamine C possède les mêmes propriétés chimiques, qu’elle provienne d’un citron ou d’une synthèse, à structure identique. En revanche, le produit qui la contient peut différer par ses autres composants et ses impuretés.
    La distinction devient donc utile lorsqu’on regarde les procédés de fabrication et leurs effets. Dans les sols, certaines bactéries transforment l’azote de l’air en composés assimilables par les plantes. Depuis 1913, le procédé Haber-Bosch permet de produire industriellement de l’ammoniac à partir d’azote et d’hydrogène, sous forte pression et à température élevée. Cette production a rendu possible l’essor des engrais et augmenté les rendements agricoles. Mais elle consomme beaucoup d’énergie, et l’usage excessif des engrais contribue à la pollution des eaux.
    Il faut surtout éviter de confondre « naturel » avec « inoffensif », et « industriel » avec « dangereux ». La toxine botulique est naturelle et extrêmement toxique ; de nombreux médicaments sont fabriqués industriellement et sauvent des vies. Le risque dépend de la substance, de la dose et de l’exposition, pas seulement de son origine. La question la plus féconde n’est-elle donc pas de savoir quelle chimie répond à nos besoins tout en limitant ses dommages ?