Retour à la fiche
    Question d'oral

    Les conflits actuels sont-ils davantage des guerres de territoire, de régime, ou de récit (propagande, identité) ?

    Réponse d'oral

    Les conflits actuels sont à la fois des guerres de territoire, de régime et de récit : ces trois dimensions se combinent plutôt qu’elles ne s’opposent. Le territoire reste central, car il permet de contrôler des populations, des ressources et des positions stratégiques. L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, l’illustre clairement. Mais cette guerre touche aussi à la souveraineté politique de l’Ukraine : qui décide de son gouvernement et de ses alliances ? Enfin, le pouvoir russe mobilise un discours historique contestant la légitimité de l’État ukrainien, tandis que les Ukrainiens défendent leur indépendance nationale.
    Dans d’autres conflits, la conquête du pouvoir paraît première. Au Soudan, depuis avril 2023, l’armée et les Forces de soutien rapide s’affrontent pour dominer l’État. Pourtant, cette lutte passe aussi par la maîtrise de villes, de routes et de ressources. Les interventions étrangères brouillent encore les catégories : un conflit interne devient un terrain de rivalité entre puissances. Les acteurs se multiplient également, avec des armées régulières, des milices et des groupes privés, dont les objectifs ne coïncident pas toujours.
    La véritable nouveauté n’est donc pas l’existence de la propagande, déjà ancienne, mais sa circulation rapide et massive, notamment sur les réseaux sociaux. Le récit sert à recruter, à justifier la violence et à obtenir des soutiens internationaux. Il ne remplace pas les objectifs matériels : il contribue à les rendre acceptables. Pour comprendre une guerre, il faut donc demander ce que chaque acteur veut prendre, qui il veut faire gouverner et quelle histoire il veut imposer. Une paix durable peut-elle alors se construire sans agir sur ces trois dimensions ?