Retour à la fiche
    Question d'oral

    Deepfakes : quels risques pour l’information, la justice, la politique ?

    Réponse d'oral

    Les deepfakes menacent l’information, la justice et la politique parce qu’ils permettent de fabriquer des images, des voix ou des vidéos crédibles et de faire passer une invention pour une preuve. Ces contenus produits ou modifiés par intelligence artificielle peuvent attribuer à quelqu’un des propos qu’il n’a jamais tenus. En mars 2022, une fausse vidéo montrait ainsi le président ukrainien Volodymyr Zelensky appelant ses soldats à déposer les armes. Le danger dépasse donc le simple trucage : il touche notre capacité à croire ce que nous voyons et entendons.
    Pour comprendre leur circulation, trois distinctions sont essentielles. La misinformation désigne une information fausse partagée sans intention de nuire, par exemple lorsqu’une personne relaie un deepfake en le croyant authentique. La disinformation suppose au contraire une volonté de tromper : fabriquer ce même contenu pour manipuler une élection ou déstabiliser un pays. La malinformation utilise une information vraie pour nuire, notamment en divulguant des données médicales privées. Un deepfake n’appartient donc pas automatiquement à ces trois catégories : tout dépend du contenu et de son usage.
    Dans les médias, ces trucages accélèrent les rumeurs et fragilisent la confiance. En justice, ils peuvent soutenir une fausse accusation, mais aussi permettre de contester une preuve authentique en criant au faux. En politique, ils peuvent salir un candidat juste avant un scrutin. La vérification doit donc examiner l’origine, la date, le contexte et l’intégrité du document, puis recouper les éléments disponibles ; aucun détecteur automatique ne garantit la vérité. Le défi sera de conserver un doute utile sans tomber dans la conviction que plus rien n’est vrai.