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    Question d'oral

    Faut-il sanctuariser la nature (aires protégées) ou transformer les pratiques productives (agriculture/pêche) ?

    Réponse d'oral

    Pour préserver l’écologie et la biodiversité, il faut à la fois sanctuariser certains espaces naturels et transformer les pratiques productives, notamment l’agriculture et la pêche. Les aires protégées offrent des refuges où les espèces peuvent se reproduire et où les milieux peuvent se régénérer. Mais elles ne sont pas des îles étanches : les pesticides, le réchauffement climatique ou les pollutions marines franchissent leurs frontières. Protéger quelques territoires ne suffit donc pas si, partout ailleurs, les activités humaines détruisent le vivant.
    L’exemple des pollinisateurs rend cette complémentarité très concrète. Une réserve peut préserver des abeilles sauvages, mais celles-ci dépendent aussi des champs voisins pour se nourrir. Réduire les pesticides, conserver les haies et diversifier les cultures permet de relier les refuges à des paysages accueillants. Cela protège les trois niveaux de biodiversité : la diversité génétique au sein des populations, la diversité des espèces et celle des écosystèmes. En mer, une zone sans pêche peut favoriser la reproduction des poissons ; à l’extérieur, des captures limitées et des engins plus sélectifs restent nécessaires.
    Le véritable choix porte donc sur l’organisation d’une protection complémentaire, et non sur l’opposition entre nature et production. Certaines zones fragiles exigent une protection stricte, réellement contrôlée. Ailleurs, il faut accompagner financièrement les agriculteurs et les pêcheurs dans leurs changements de pratiques. Rachel Carson rappelait en 1962, dans Silent Spring, que « dans la nature, rien n’existe seul ». La question devient alors : quelle place sommes-nous prêts à laisser au vivant dans les espaces où nous produisons et consommons chaque jour ?