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    Question d'oral

    Peut-on défendre la biodiversité sur autre chose que l’utilité (valeur intrinsèque, esthétique, morale, politique) ?

    Réponse d'oral

    Oui, on peut défendre la biodiversité sur autre chose que l’utilité : sa valeur intrinsèque, sa beauté et nos responsabilités morales et politiques justifient aussi sa protection. L’argument de l’utilité reste important : les abeilles et les syrphes pollinisent de nombreuses cultures. Mais faut-il protéger uniquement les espèces qui nous rendent service ? Ce serait oublier celles dont nous ignorons le rôle, ou celles qui nous dérangent. Reconnaître une valeur intrinsèque au vivant, c’est considérer qu’une espèce mérite d’exister indépendamment des avantages qu’elle nous apporte. Cela concerne les espèces, mais aussi leur diversité génétique et leurs milieux de vie.
    La défense de la biodiversité repose également sur une responsabilité morale. Les activités humaines détruisent des habitats et peuvent provoquer des extinctions irréversibles. Nous pouvons donc estimer avoir le devoir de limiter ces dommages, envers les êtres vivants comme envers les générations futures. En 1962, Rachel Carson montre dans Silent Spring comment l’usage des pesticides menace notamment les oiseaux. La disparition de leurs chants représente aussi une perte esthétique : un paysage vivant possède une richesse qui ne se réduit pas à un prix.
    Enfin, protéger la biodiversité relève d’un choix politique : décider de préserver une zone humide plutôt que de la bétonner engage notre manière d’habiter ensemble. Cette décision doit aussi tenir compte des habitants et de leurs besoins. L’enjeu n’est donc pas d’opposer les humains à la nature, mais de choisir quelle place nous acceptons de laisser aux autres vivants.