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    Question d'oral

    En quoi les Lettres d’Amarna montrent-elles une Égypte “mondialisée” avant l’heure ?

    Réponse d'oral

    Les Lettres d’Amarna montrent une Égypte « mondialisée » avant l’heure parce qu’elles révèlent un royaume intégré à un vaste réseau de relations diplomatiques, commerciales et culturelles au XIVe siècle av. J.-C. Retrouvées à partir de 1887 sur le site d’Amarna, capitale d’Akhenaton, ces quelque 380 tablettes contiennent surtout la correspondance des pharaons Amenhotep III et Akhenaton avec les puissances voisines et les princes du Levant. L’Égypte n’est donc pas une civilisation isolée derrière ses pyramides : elle échange, négocie et surveille ce qui se passe au-delà de ses frontières.
    Premier signe frappant : ces lettres sont généralement rédigées en akkadien, avec des signes cunéiformes, et non en hiéroglyphes. Cette langue sert d’outil diplomatique commun, un peu comme l’anglais aujourd’hui. Les souverains de Babylone, du Mitanni et d’Égypte s’appellent « frères ». Ils négocient des mariages et échangent de l’or, des chevaux ou des objets précieux. Le roi du Mitanni, Tushratta, réclame ainsi de l’or égyptien et discute du mariage de sa fille avec Amenhotep III. Ces cadeaux ne sont pas de simples politesses : ils entretiennent les alliances et affirment le rang des royaumes.
    Mais cette interdépendance reste inégale. Les princes soumis à l’Égypte demandent des soldats et dénoncent leurs rivaux, tandis que les grands rois défendent leur prestige. Il ne s’agit donc pas d’une mondialisation planétaire, mais d’un système régional reliant plusieurs centres de pouvoir. Ces lettres invitent finalement à se demander si la mondialisation commence avec les échanges lointains ou avec la conscience de dépendre des autres.