Retour à la fiche
    Question d'oral

    Minerais critiques : la transition énergétique crée-t-elle de nouvelles dépendances géopolitiques ?

    Réponse d'oral

    Oui, la transition énergétique crée de nouvelles dépendances géopolitiques aux minerais critiques, car elle réduit le besoin d’hydrocarbures tout en augmentant celui de lithium, de cuivre, de nickel ou de terres rares. Ces matières sont indispensables aux batteries, aux réseaux électriques et à certains moteurs d’éoliennes. Le problème n’est pas seulement leur présence dans le sous-sol. Il tient aussi à la concentration de leur extraction et, surtout, de leur transformation dans quelques pays. La République démocratique du Congo fournit ainsi environ 70 % du cobalt extrait dans le monde, tandis que la Chine domine largement son raffinage.
    Cette concentration donne un pouvoir stratégique aux pays producteurs et transformateurs. En 2023, la Chine a annoncé des restrictions à l’exportation du graphite, utilisé dans les batteries. Un État peut donc soutenir la transition mondiale tout en contrôlant un maillon essentiel de celle-ci. Les pays importateurs risquent alors des pénuries, des hausses de prix ou des pressions diplomatiques. L’exploitation minière pose aussi des problèmes locaux : consommation d’eau, pollution et conditions de travail parfois dangereuses.
    Il faut toutefois nuancer : cette dépendance diffère de celle au pétrole. Un carburant est brûlé ; un métal peut être récupéré et recyclé, même si cela reste coûteux et incomplet. Pour renforcer leur autonomie stratégique, les États peuvent diversifier leurs fournisseurs, développer le recyclage et encourager des équipements moins gourmands en matières. La vraie question devient alors : comment décarboner sans déplacer les rapports de domination vers de nouvelles ressources ?