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    Question d'oral

    IA générative : quels défis juridiques et économiques pour le droit d’auteur musical ?

    Réponse d'oral

    L’IA générative pose deux grands défis au droit d’auteur musical : déterminer quelles œuvres peuvent servir à entraîner les modèles et décider qui peut être rémunéré pour les musiques produites. Pour apprendre à générer une chanson, ces outils analysent de nombreux enregistrements, parfois sans autorisation clairement établie. Or une chanson réunit plusieurs droits : ceux des auteurs et compositeurs, mais aussi les droits voisins des interprètes et des producteurs. En Europe, certaines utilisations pour l’entraînement peuvent relever d’exceptions, auxquelles les titulaires peuvent, selon les cas, s’opposer. Le débat porte donc sur le consentement, la transparence et les licences. En juin 2024, plusieurs grandes maisons de disques ont poursuivi Suno et Udio aux États-Unis, contestant l’utilisation de leurs enregistrements.
    Un autre problème concerne la création humaine. En France, une musique entièrement générée par une machine ne bénéficie pas automatiquement du droit d’auteur : il faut pouvoir identifier un apport humain original. Donner une consigne ne suffit donc pas nécessairement. Imiter un style n’équivaut pas non plus, à lui seul, à une contrefaçon. En revanche, reprendre une mélodie protégée ou reproduire une voix identifiable peut soulever différents problèmes juridiques.
    Économiquement, l’IA réduit les coûts de production, mais risque de fragiliser les compositeurs de musiques publicitaires ou d’illustration. L’arrivée massive de morceaux générés peut aussi accentuer la concurrence pour l’attention et les revenus du streaming. Des licences rémunérées pourraient permettre de partager la valeur, à condition d’identifier les œuvres utilisées. Reste à savoir si ce progrès élargira la création ou concentrera davantage ses revenus.