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    Question d'oral

    Les studios français sont-ils encore français ?

    Réponse d'oral

    Les studios français de jeu vidéo sont encore français par leurs équipes, leur histoire et leur créativité, mais pas toujours par leurs propriétaires ni par leur fonctionnement. Tout dépend donc du sens donné au mot « français ». La French Touch désigne moins une nationalité juridique qu’une manière de créer : une attention aux images, aux récits et aux atmosphères, nourrie par le cinéma et la bande dessinée. Another World, conçu par Éric Chahi en 1991, illustre cette ambition : raconter une aventure étrange et émouvante presque sans paroles. Mais ce style n’appartient pas exclusivement à la France.
    Il faut ensuite distinguer propriété et création. Quantic Dream, fondé à Paris par David Cage en 1997, a été racheté par le groupe chinois NetEase en 2022. Cela change son contrôle financier, sans effacer automatiquement le savoir-faire de ses équipes. Ubisoft, fondé en 1986 par les cinq frères Guillemot, conserve un ancrage français, mais produit ses jeux grâce à un réseau mondial. Assassin’s Creed doit notamment beaucoup aux équipes de Montréal. À l’inverse, Motion Twin, coopérative bordelaise à l’origine de Dead Cells, montre qu’une autre organisation reste possible.
    L’exception française repose donc surtout sur un milieu vivant : des écoles comme l’ENJMIN, des créateurs, des studios et des aides publiques, dont le crédit d’impôt jeu vidéo instauré en 2008. L’enjeu n’est pas de préserver une identité figée, mais de maintenir des emplois, des compétences et une liberté de création. Un studio peut rester culturellement français sous capitaux étrangers ; encore faut-il savoir où se prennent les décisions qui orientent ses futurs jeux.