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    Question d'oral

    Le Hays Code a-t-il “fabriqué” certains genres en creux (suggestion, sous-entendus) ?

    Réponse d'oral

    Le Hays Code n’a pas « fabriqué » à lui seul certains genres cinématographiques, mais il a contribué à façonner leurs codes, en favorisant la suggestion et les sous-entendus. Adopté à Hollywood en 1930, puis appliqué strictement à partir de 1934, ce code encadre notamment la représentation de la sexualité, de la violence et du crime. Pour obtenir le visa de l’organisme chargé de son application, les studios doivent respecter une morale précise : le crime ne doit pas paraître désirable, l’adultère ne doit pas être justifié. Les cinéastes apprennent donc à montrer sans tout montrer.
    Le film noir illustre bien cette création « en creux ». Dans Assurance sur la mort de Billy Wilder, sorti en 1944, une femme mariée entraîne un assureur dans le meurtre de son époux. Le désir passe par les regards, les dialogues à double sens et une chaîne portée à la cheville. La fin tragique rend le récit moralement acceptable, tout en laissant le spectateur fasciné par les coupables. Le code ne crée pourtant ni les ombres ni le fatalisme : ceux-ci viennent aussi de traditions littéraires et visuelles antérieures.
    La suggestion devient ainsi une ressource artistique, notamment dans la comédie amoureuse et le mélodrame. Mais il faut éviter de célébrer la censure : elle impose aussi des silences, particulièrement sur l’homosexualité. Le Hays Code a donc moins inventé des genres qu’orienté leur manière de raconter et leur horizon d’attentes. Reste à se demander ce que le cinéma a gagné en invention, et perdu en liberté de représentation.