Retour à la fiche
    Question d'oral

    La “diagonale des faibles densités” : que signifie-t-elle, et quelles limites a cette expression ?

    Réponse d'oral

    La « diagonale des faibles densités » désigne une large bande de territoires peu peuplés, du nord-est de la France aux Pyrénées, mais cette expression masque des situations locales très différentes. Elle traverse notamment la Champagne, le Morvan et le Massif central. La densité y est souvent inférieure à 30 habitants par kilomètre carré. Cette répartition s’explique par plusieurs facteurs : l’exode rural, le recul de certaines activités industrielles et la concentration des emplois dans les grandes villes. Dans la Creuse, par exemple, la densité est d’environ 21 habitants par kilomètre carré. L’éloignement des hôpitaux, des commerces ou des établissements scolaires peut donc peser sur la vie quotidienne.
    Cependant, faible densité ne signifie pas territoire vide. Ces espaces accueillent des habitants, des activités agricoles, des entreprises et des lieux touristiques. Certains secteurs perdent des habitants et vieillissent ; d’autres attirent de nouveaux ménages grâce à leur cadre de vie ou à la proximité d’une ville. Clermont-Ferrand constitue ainsi un pôle urbain et économique important au sein du Massif central. Les moyennes départementales cachent aussi des écarts entre une petite ville, sa périphérie et des communes isolées.
    Enfin, la forme d’une diagonale donne une image trop continue et trop figée. D’autres territoires peu denses existent ailleurs, notamment dans les Alpes, tandis que cette bande comporte des espaces dynamiques. Il vaut donc mieux parler de campagnes diverses que d’une « France du vide », expression dévalorisante. L’enjeu est moins de remplir ces territoires que de permettre à leurs habitants d’y vivre correctement : faut-il partout rechercher la croissance démographique pour assurer un avenir ?