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    Question d'oral

    Qu’est-ce que le soft power (Nye) et pourquoi le sport est-il un outil privilégié de soft power ?

    Réponse d'oral

    Le soft power, défini par Joseph Nye au début des années 1990, est la capacité d’un État à influencer les autres par l’attraction plutôt que par la contrainte ; le sport en est un outil privilégié grâce à son audience mondiale et aux émotions qu’il suscite. À la différence de la force militaire ou des sanctions économiques, cette « puissance douce » cherche à donner envie d’admirer un pays, de le visiter ou de s’en rapprocher. La culture, les valeurs et le prestige sportif peuvent ainsi rendre un État plus séduisant.
    Le sport constitue une formidable vitrine internationale. Organiser les Jeux olympiques permet de montrer des infrastructures modernes, une organisation efficace et une ambition collective. À Pékin, en 2008, la Chine a utilisé les Jeux pour afficher son statut de grande puissance. Les médailles et les champions peuvent aussi associer un pays à l’excellence, au courage ou à la réussite. Enfin, le sport facilite parfois le dialogue : en 1971, les échanges entre pongistes américains et chinois ont contribué au rapprochement entre deux États jusque-là très hostiles.
    Mais cette attraction n’est jamais garantie. Une compétition peut aussi attirer l’attention sur les atteintes aux droits humains du pays organisateur. Les boycotts relèvent davantage de la pression diplomatique que du soft power : en 1980, les États-Unis ont boycotté les Jeux de Moscou après l’invasion soviétique de l’Afghanistan. Le sport offre donc une visibilité immense, sans permettre de contrôler entièrement le regard du monde. Reste à savoir si l’admiration pour une performance sportive se transforme durablement en confiance envers un pays.