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    Question d'oral

    Les dividendes du CAC 40 sont-ils excessifs ?

    Réponse d'oral

    Les dividendes du CAC 40 peuvent paraître excessifs, mais leur montant ne suffit pas à le démontrer : il faut regarder les bénéfices, les investissements et le partage de la richesse. Un dividende rémunère l’actionnaire qui a apporté des capitaux et accepté un risque. Attention toutefois au chiffre souvent cité pour 2024 : les quelque 100 milliards d’euros distribués comprennent les dividendes, mais aussi les rachats d’actions. Ceux-ci consistent, pour une entreprise, à acheter ses propres titres, ce qui peut soutenir leur valeur en Bourse.
    Ces versements deviennent contestables lorsqu’ils fragilisent l’avenir de l’entreprise ou contrastent avec les efforts demandés aux salariés. Une entreprise qui réduit ses dépenses de recherche, supprime des emplois et augmente ses dividendes pose une vraie question de priorité. Chez Sanofi, par exemple, l’enjeu est de rémunérer les actionnaires sans compromettre la recherche de nouveaux médicaments. Chez TotalEnergies, c’est aussi l’équilibre entre rémunération du capital et investissements dans la transition énergétique qui fait débat. À l’inverse, distribuer une partie de bénéfices solides tout en investissant largement n’est pas forcément excessif.
    Le bon critère est donc moins le record annoncé que le partage de la valeur. Quelle part des profits revient aux salariés, aux actionnaires et à l’investissement ? Les situations diffèrent entre LVMH, Airbus ou L’Oréal : leurs besoins industriels et leurs risques ne sont pas identiques. Il faut aussi distinguer ces groupes mondialisés de l’ensemble de l’économie française. Au fond, quelle place veut-on donner à l’actionnaire parmi tous ceux qui rendent possible la réussite d’une entreprise ?