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Question d'oral
CRISPR‑Cas9 : quels espoirs médicaux, quels risques, et quels scénarios de dérive ?
Réponse d'oral
CRISPR-Cas9 offre des espoirs médicaux majeurs contre certaines maladies génétiques, mais présente des risques biologiques et des scénarios de dérive, notamment la sélection des êtres humains. Cet outil, mis au point en 2012, fonctionne comme des « ciseaux moléculaires » : il permet de couper l’ADN à un endroit ciblé pour le modifier. L’objectif est, par exemple, de traiter des maladies du sang. En 2023, le Royaume-Uni a autorisé un premier traitement utilisant CRISPR contre la drépanocytose, une maladie qui provoque notamment de fortes douleurs. Il modifie des cellules du patient en laboratoire, avant leur réinjection.Cependant, cibler une séquence d’ADN ne garantit pas une intervention sans erreur. Des modifications involontaires peuvent apparaître ailleurs, ou même à l’endroit visé. Leurs conséquences exigent une surveillance prolongée. Il faut surtout distinguer les cellules du patient, dont les modifications ne sont généralement pas transmises à ses enfants, des embryons, dont les modifications pourraient devenir héréditaires. En 2018, le chercheur chinois He Jiankui a annoncé la naissance de jumelles issues d’embryons génétiquement modifiés, suscitant une condamnation internationale : les risques étaient mal maîtrisés et la justification médicale contestée.La dérive serait de passer du soin à la fabrication d’un enfant supposé « amélioré ». Choisir son intelligence reste largement illusoire, car elle dépend de nombreux gènes et de l’environnement. Mais cette promesse pourrait nourrir un eugénisme marchand, renforçant discriminations et inégalités d’accès. L’enjeu est donc d’encadrer les usages sans bloquer les traitements utiles. Jusqu’où soigner sans transformer nos préférences sociales en normes biologiques ?
Autres questions
1.Qu’est‑ce qu’un “grand débat contemporain” : quels critères (durée, valeurs, institutions) ?2.Comment cartographier un débat : faits, acteurs, valeurs, droit, économie ?3.Bioéthique : pourquoi la France encadre‑t‑elle par des lois révisables (depuis 1994) ?5.Principe de précaution (2005) : comment l’expliquer sans caricature (agir malgré l’incertitude) ?
