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    Question d'oral

    IA et cinéma : quels usages créatifs légitimes, quels risques (droit, éthique, uniformisation) ?

    Réponse d'oral

    Les usages créatifs légitimes de l’IA au cinéma sont ceux qui soutiennent une vision humaine sans contourner les droits des créateurs ; ses principaux risques concernent le consentement, la rémunération et l’uniformisation des films. L’IA peut aider à préparer un storyboard, explorer des décors, restaurer des images ou faciliter le sous-titrage. Elle peut aussi servir à expérimenter des formes nouvelles. Mais proposer une image ne suffit pas à lui donner un sens : le réalisateur choisit ce qu’elle raconte, sa durée et sa place dans le film. L’outil devient intéressant lorsqu’il enrichit une intention artistique, plutôt que de remplacer les décisions de l’équipe.
    La limite essentielle est le consentement. Reproduire le visage ou la voix d’un acteur ne devrait pas permettre de le faire jouer indéfiniment sans accord ni rémunération. En 2023, la grève des acteurs à Hollywood a notamment porté sur l’encadrement des répliques numériques. Autre difficulté : les œuvres utilisées pour entraîner les modèles. Leur exploitation pose des questions de droit d’auteur, dont les réponses varient selon les pays et les usages. Une pratique responsable suppose donc des autorisations adaptées, de la transparence et une rémunération lorsque des droits l’exigent.
    Enfin, l’IA risque d’accentuer l’uniformisation si les studios lui demandent surtout de reproduire les succès passés. Pourtant, le cinéma a toujours été collectif : défendre un auteur ne signifie pas effacer les monteurs, scénaristes ou décorateurs. La vraie question devient alors : l’IA donnera-t-elle davantage de liberté à ces créateurs, ou davantage de pouvoir à ceux qui financent leurs films ?