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    Question d'oral

    Comment relier histoire du cinéma et actualité (IA, deepfakes, streaming, droits) sans faire d’anachronisme ?

    Réponse d'oral

    Relier histoire du cinéma et actualité sans faire d’anachronisme consiste à comparer les transformations, sans confondre les techniques ni les contextes. Le cinéma a toujours été à la fois un art, une technique et une industrie. Mais Méliès ne faisait pas de « deepfakes » : dans Le Voyage dans la Lune, en 1902, il utilisait des décors, des arrêts de caméra et des surimpressions. Ses trucages permettent d’interroger notre goût pour l’illusion, pas de lui attribuer les outils ou les intentions d’aujourd’hui.
    Il faut donc distinguer les continuités des ruptures. Le passage au parlant, symbolisé par Le Chanteur de jazz en 1927, a transformé les métiers, les équipements et le jeu des acteurs. L’IA bouleverse elle aussi la fabrication des films, mais autrement : elle peut générer des images ou reproduire une voix. De même, le streaming prolonge l’accès domestique développé par la télévision puis la vidéo, tout en modifiant la distribution, la rémunération et la visibilité des œuvres grâce aux abonnements et aux recommandations automatisées.
    Enfin, les droits donnent un point de comparaison concret. Qui peut exploiter une œuvre, une image ou une interprétation ? Ces questions sont anciennes, mais leurs formes changent. En 2023, la grève des acteurs à Hollywood a notamment porté sur l’encadrement des répliques numériques, leur consentement et leur rémunération. Un deepfake pose aussi la question de l’authenticité lorsqu’il fait passer une fabrication pour un enregistrement réel. L’histoire éclaire donc les débats présents, sans fournir de réponse automatique : demain, qu’attendrons-nous encore d’une image de cinéma pour lui faire confiance ?