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    Question d'oral

    Comment la régulation (ex. CNC, quotas) peut-elle protéger la diversité sans bloquer l’innovation ?

    Réponse d'oral

    La régulation du cinéma peut protéger la diversité culturelle sans bloquer l’innovation si elle fixe des obligations communes tout en laissant les acteurs libres d’inventer leurs offres. Le risque, avec les grandes plateformes, est simple : quelques entreprises peuvent décider à la fois quels films financer et lesquels rendre visibles. Leur puissance permet de produire des œuvres ambitieuses et de toucher un public mondial. Mais elle peut aussi favoriser les recettes déjà rentables, au détriment des premiers films, des petites langues ou des projets plus risqués.
    La réponse consiste donc à organiser une redistribution et à garantir une place aux œuvres moins puissantes. En France, le CNC soutient notamment la création grâce à des taxes prélevées sur différents acteurs de la diffusion. À l’échelle européenne, les services de vidéo à la demande doivent proposer au moins 30 % d’œuvres européennes dans leurs catalogues et les mettre en valeur. Cette seconde exigence est essentielle : un film disponible mais invisible dans les recommandations rencontre difficilement son public. Depuis 2021, la France impose aussi aux grandes plateformes étrangères concernées de contribuer au financement de la création française et européenne.
    Pour préserver l’innovation, ces règles doivent rester proportionnées et régulièrement évaluées. On peut imposer un investissement dans la création sans dicter les scénarios ni interdire de nouveaux formats. Les délais entre sortie en salle et diffusion en ligne peuvent également évoluer par la négociation, en tenant compte du financement apporté. L’enjeu n’est donc pas de figer le cinéma, mais de permettre à davantage de créateurs d’inventer celui de demain.