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    Question d'oral

    Peut-on concilier innovation numérique et sobriété énergétique ? Quelles pistes (efficacité, régulation, usages) ?

    Réponse d'oral

    Oui, on peut concilier innovation numérique et sobriété énergétique, à condition d’agir sur l’efficacité des technologies, la régulation et les usages. Internet et l’intelligence artificielle semblent immatériels, mais ils reposent sur des équipements bien réels : serveurs, câbles, antennes et terminaux. Leur fabrication mobilise des ressources et leur fonctionnement consomme de l’électricité. Le numérique peut aussi éviter certaines dépenses d’énergie, par exemple lorsqu’une visioconférence remplace un déplacement en avion. Son intérêt dépend donc du service rendu et de son coût global.
    La première piste est l’efficacité énergétique : concevoir des processeurs moins gourmands, alléger les logiciels et utiliser des modèles d’IA adaptés à la tâche. Inutile de mobiliser un modèle géant pour classer quelques documents. Il faut aussi prolonger la durée de vie des appareils grâce à la réparation et aux mises à jour. Mais attention à l’effet rebond : si chaque requête devient moins coûteuse, leur multiplication peut annuler les économies. L’efficacité seule ne garantit donc pas une baisse de la consommation totale.
    La régulation peut imposer davantage de transparence sur la consommation des centres de données et favoriser des équipements durables. En France, la loi REEN du 15 novembre 2021 vise précisément à réduire l’empreinte environnementale du numérique. Enfin, les usages comptent : limiter le renouvellement des téléphones, désactiver la lecture automatique des vidéos ou réserver l’IA aux tâches où elle apporte un bénéfice réel. L’enjeu n’est pas de renoncer à inventer, mais de se demander quelles innovations méritent l’énergie que nous leur consacrons.