Retour à la fiche
    Question d'oral

    Qu’est-ce que “world music” : catégorie culturelle ou catégorie de marché ?

    Réponse d'oral

    La « world music » est à la fois une catégorie culturelle et une catégorie de marché, mais son nom désigne d’abord une façon commerciale de classer des musiques très différentes. En 1987, des labels indépendants réunis à Londres adoptent cette étiquette pour mieux vendre des artistes venus notamment d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine. L’objectif est concret : leur donner une place identifiable dans les magasins de disques et les médias. Le problème, c’est qu’un même rayon peut réunir une chanteuse de flamenco, un joueur de sitar indien et un orchestre sénégalais. Leurs musiques n’ont pourtant ni la même histoire ni les mêmes règles.
    Cette étiquette renvoie aussi à une réalité : les métissages musicaux et la circulation des sons. Bien avant 1987, les musiciens échangeaient des instruments, des rythmes et des mélodies. Le jazz lui-même naît aux États-Unis de rencontres entre traditions afro-américaines et instrumentation européenne. En 1986, l’album Graceland de Paul Simon, enregistré notamment avec des musiciens sud-africains, illustre ces échanges tout en soulevant des débats sur leurs conditions politiques et économiques.
    Il faut donc distinguer les musiques de l’étiquette qui les rassemble. Celle-ci peut favoriser leur découverte et offrir une visibilité internationale à des artistes. Mais elle peut aussi réduire des traditions vivantes à un exotisme destiné au public occidental. Parler de diversité culturelle suppose alors de nommer les artistes, leurs pays et leurs pratiques, plutôt que de tout confondre. Qui décide finalement de ce qui représente la musique « du monde » ?