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Question d'oral
Peut-on opposer une "culture du vin" (Ancien Monde) à un "marché du vin" (Nouveau Monde) ?
Réponse d'oral
On peut opposer une culture du vin de l’Ancien Monde à un marché du vin du Nouveau Monde, mais cette distinction reste trop simple. En France, en Italie ou en Espagne, le vin s’inscrit dans une longue histoire : celle des paysages, des repas et des traditions locales. Le terroir associe un sol, un climat et des savoir-faire humains. Les appellations d’origine contrôlée, organisées en France à partir de 1935, protègent cette relation entre un produit et son lieu. À table, l’accord entre un sancerre et un crottin de Chavignol illustre cette proximité géographique et gustative.À l’inverse, les États-Unis, le Chili ou l’Australie sont souvent associés à une approche plus commerciale. Le cépage, comme le chardonnay ou le cabernet-sauvignon, y sert fréquemment de repère au consommateur. Les marques et la communication facilitent aussi l’accès à des marchés internationaux. Mais ces pays possèdent également des traditions viticoles anciennes et recherchent l’expression de leurs terroirs. Le « Jugement de Paris », en 1976, le montre bien : lors de dégustations à l’aveugle, des vins californiens arrivent devant de grands vins français. La qualité ne dépend donc pas du seul prestige historique.Surtout, l’Europe n’a jamais séparé le vin du commerce : Bordeaux s’est développé grâce aux échanges, notamment avec l’Angleterre. La véritable opposition concerne plutôt la standardisation et la recherche de singularité, présentes sur tous les continents. Déguster permet justement de dépasser l’étiquette pour apprécier un équilibre, des arômes et un accord avec un plat. Et si la culture du vin commençait par cette curiosité, plutôt que par une frontière ?
