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    Question d'oral

    Comment le juge (Conseil d’État, Conseil constitutionnel) arbitre-t-il les conflits liés à la laïcité ?

    Réponse d'oral

    Le juge arbitre les conflits liés à la laïcité en conciliant la liberté de conscience, la neutralité de l’État et l’égalité devant la loi. Il ne décide pas quelle religion serait acceptable. Il vérifie si une décision publique respecte les droits de chacun et si les restrictions imposées sont justifiées. Le Conseil constitutionnel contrôle la conformité des lois à la Constitution. Le Conseil d’État contrôle l’action de l’administration : par exemple, un arrêté municipal ou une sanction visant un agent public.
    Le point décisif est de distinguer les situations. Un agent public est soumis à une obligation de neutralité dans l’exercice de ses fonctions. Un usager du service public conserve, en principe, la liberté d’exprimer ses convictions, sous réserve des règles applicables et du bon fonctionnement du service. Le juge examine donc le contexte et la proportionnalité des restrictions : sont-elles nécessaires et adaptées ? Le 26 août 2016, le Conseil d’État a suspendu l’arrêté « anti-burkini » de Villeneuve-Loubet. En l’absence de risques avérés pour l’ordre public, le maire ne pouvait pas interdire cette tenue sur les plages au seul nom de la laïcité.
    Le Conseil constitutionnel rappelle aussi que ce principe n’efface pas toutes les particularités historiques. En 2013, il a admis le maintien de la rémunération publique de certains ministres des cultes en Alsace-Moselle. L’arbitrage repose donc sur des garanties communes, mais aussi sur le droit applicable à chaque situation. Comment préserver cette protection des libertés lorsque la laïcité devient elle-même un objet de confrontation politique ?