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    Question d'oral

    Le ballet est-il un art du passé ?

    Réponse d'oral

    Le ballet n’est pas un art du passé : c’est un héritage vivant, dont les techniques et les œuvres continuent d’être interprétées et transformées. Il porte pourtant les valeurs des époques qui l’ont façonné. Sous Louis XIV, la danse de cour met en scène le prestige du roi et l’ordre du royaume. Le corps doit être maîtrisé, les gestes précis, les déplacements harmonieux. Plus tard, dans Le Lac des cygnes, monté par Petipa et Ivanov en 1895, les pointes et les grands ensembles donnent une impression de légèreté presque surnaturelle. Le corps classique semble échapper à la pesanteur, au prix d’un entraînement intense.
    La danse moderne conteste cet idéal. Au début du XXe siècle, Isadora Duncan danse pieds nus et privilégie des mouvements inspirés de la marche, du souffle et de la nature. Le corps moderne ne cherche plus seulement à s’élever : il assume son poids, son contact avec le sol et ses émotions. Mais cette rupture ne rend pas le ballet inutile. Elle révèle surtout qu’il existe plusieurs manières de faire parler un corps. La danse moderne possède, elle aussi, des techniques exigeantes : liberté ne signifie pas absence de travail.
    Enfin, le ballet peut renouveler ses récits et ses images. En 1995, Matthew Bourne propose un Lac des cygnes où les cygnes sont interprétés par des hommes. Une œuvre ancienne devient ainsi un moyen de questionner les rôles masculins et féminins. Le ballet devient un art du passé seulement lorsqu’on refuse de le faire évoluer. Reste à savoir jusqu’où le transformer sans perdre ce qui fait sa singularité.