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    Question d'oral

    La critique des 'défauts' des vins nature est-elle légitime d'un point de vue œnologique ?

    Réponse d'oral

    La critique des « défauts » des vins nature est légitime d’un point de vue œnologique, à condition de distinguer une véritable altération d’un simple écart aux habitudes gustatives. Un vin naturel n’est pas forcément défectueux, et un vin conventionnel n’est pas forcément irréprochable. Mais limiter les interventions, notamment l’ajout de sulfites, réduit certaines protections contre l’oxydation et les microbes indésirables. Cela demande donc beaucoup de précision, de la vendange au stockage. Le « laisser-faire » n’est pas une absence de savoir-faire.
    Certains défauts œnologiques correspondent à des phénomènes identifiables. Une acidité volatile excessive peut donner une odeur de vinaigre ; certaines levures, appelées Brettanomyces, peuvent produire des notes d’écurie qui masquent le fruit. Ces problèmes deviennent particulièrement gênants lorsqu’ils effacent les différences entre les terroirs que le vigneron voulait justement révéler. À l’inverse, un léger trouble ou une petite présence de gaz carbonique ne prouvent pas, à eux seuls, une altération. L’intensité, le style recherché et l’équilibre du vin comptent. Jules Chauvet, œnologue du Beaujolais mort en 1989 et figure fondatrice du mouvement, abordait d’ailleurs les fermentations avec une véritable exigence scientifique.
    Il faut donc éviter deux raccourcis : excuser toute déviation parce que le vin serait « vivant », ou condamner toute singularité parce qu’elle surprend. Le label Vin méthode nature, créé en France en 2020, encadre des pratiques, mais ne garantit pas que chaque bouteille sera sans défaut. La critique est utile lorsqu’elle décrit précisément ce qui gêne, plutôt que de juger une étiquette. Reste alors à se demander quelle place accorder à l’imprévu dans notre idée d’un grand vin.