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    Question d'oral

    IA médicale : qui est responsable si l’algorithme se trompe (médecin, hôpital, éditeur) ?

    Réponse d'oral

    Si une IA médicale se trompe, la responsabilité peut relever du médecin, de l’hôpital ou de l’éditeur : elle dépend du rôle de chacun et de la cause du dommage. L’algorithme n’est pas, à lui seul, un responsable juridique. Il faut donc examiner toute la chaîne de décision. Une erreur de diagnostic ne prouve pas automatiquement une faute : la médecine comporte des incertitudes, avec ou sans intelligence artificielle.
    Le médecin doit conserver son jugement clinique. S’il suit aveuglément une recommandation manifestement incohérente avec les symptômes, sa responsabilité peut être engagée. Mais il ne peut pas toujours repérer un défaut invisible du logiciel. L’hôpital peut être responsable d’une mauvaise organisation : outil inadapté, défaut de formation ou absence de surveillance. L’éditeur peut être mis en cause si son produit est défectueux, ses performances annoncées trompeuses ou ses avertissements insuffisants. Par exemple, si une IA manque une tumeur sur une mammographie, il faut distinguer un défaut du logiciel, une mauvaise qualité d’image et une négligence dans l’interprétation médicale. Plusieurs responsabilités peuvent se cumuler.
    La règle précise varie selon le pays, le statut des acteurs et les circonstances. L’essentiel est la traçabilité : savoir quelle version a été utilisée, quelles informations étaient disponibles et qui a décidé quoi. Cela permet d’établir les responsabilités et d’améliorer la sécurité. Le patient doit pouvoir obtenir une explication et, lorsque les conditions sont réunies, une indemnisation. Le véritable défi est donc de profiter de l’IA sans qu’elle devienne un moyen de diluer la responsabilité humaine.