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    Question d'oral

    Une image du cerveau peut-elle expliquer un comportement ?

    Réponse d'oral

    Une image du cerveau peut aider à expliquer un comportement, mais elle ne suffit pas à en donner la cause ni le sens. Les neurosciences ont rendu visibles certains mécanismes de la mémoire, des émotions ou de la décision. Depuis les années 1990, l’IRM fonctionnelle repère des variations d’oxygénation du sang associées à l’activité cérébrale. Elle ne photographie donc pas directement une pensée. Ses images montrent surtout quelles régions participent à une tâche, dans des conditions précises. Une zone qui s’active pendant la peur n’est pas forcément un « centre de la peur » : elle peut intervenir dans plusieurs fonctions.
    Prenons une personne qui regarde un visage menaçant. Une activité accrue de l’amygdale peut accompagner sa réaction émotionnelle. Mais l’image seule ne dit pas si cette personne va fuir, protester ou rester calme. Son histoire, ses souvenirs et la situation comptent aussi. Il faut donc distinguer corrélation et causalité : observer ensemble une activité cérébrale et un comportement ne prouve pas que la première provoque le second. D’autres méthodes complètent l’imagerie. En 1953, l’opération du patient Henry Molaison, touchant notamment les hippocampes, a entraîné une grande difficulté à former de nouveaux souvenirs personnels, alors que certains apprentissages moteurs restaient possibles. Ce cas a montré que la mémoire comprend plusieurs systèmes.
    L’imagerie éclaire ainsi les mécanismes d’un comportement sans résumer la personne à son cerveau. Elle aide aussi à comprendre que raison et émotions coopèrent dans les décisions. La plasticité cérébrale rappelle enfin que ces mécanismes évoluent avec l’expérience. Comprendre un cerveau ne demande-t-il donc pas aussi de comprendre la vie qu’il traverse ?