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    Question d'oral

    Comment une bactérie peut-elle devenir résistante sans “inventer” une mutation nouvelle (transfert horizontal) ?

    Réponse d'oral

    Une bactérie peut devenir résistante à un antibiotique sans « inventer » une mutation nouvelle grâce au transfert horizontal de gènes : elle récupère un gène de résistance déjà présent chez une autre bactérie. Contrairement à la transmission d’une bactérie à ses descendantes, cet échange se fait entre bactéries, parfois d’espèces différentes. C’est un peu comme recevoir une recette déjà testée plutôt que devoir la découvrir. Le gène acquis peut, par exemple, permettre de fabriquer une enzyme qui détruit l’antibiotique avant qu’il agisse.
    Il existe trois grandes voies de transfert. Lors de la conjugaison, deux bactéries entrent en contact et l’une transmet à l’autre une copie d’un petit morceau d’ADN, souvent un plasmide. Celui-ci peut porter plusieurs gènes de résistance. Par transformation, une bactérie absorbe de l’ADN libre dans son environnement, notamment libéré par des bactéries mortes. Enfin, par transduction, un virus infectant les bactéries transporte accidentellement de l’ADN bactérien d’une cellule à une autre. Dans chaque cas, le gène doit être conservé et fonctionner chez la bactérie receveuse pour lui donner une résistance durable.
    Un exemple précis est le gène mcr-1, décrit en 2015 chez des bactéries Escherichia coli. Porté par des plasmides, il peut conférer une résistance à la colistine, un antibiotique utilisé contre certaines infections difficiles à traiter. L’antibiotique ne crée donc pas nécessairement la résistance : il favorise la survie et la multiplication des bactéries déjà résistantes. Cette circulation des gènes invite à penser la lutte contre l’antibiorésistance à l’échelle des humains, des animaux et de leur environnement commun.