Retour à la fiche
    Question d'oral

    Ukraine (depuis 2022), climat, énergie : quels signes d’un monde plus multipolaire et plus instable ?

    Réponse d'oral

    Depuis 2022, la guerre en Ukraine, la crise énergétique et le dérèglement climatique révèlent un monde plus multipolaire et plus instable, où plusieurs puissances rivalisent sans parvenir à organiser une réponse commune. L’invasion russe du 24 février 2022 montre le retour d’une guerre de conquête majeure en Europe. Les États-Unis et l’Union européenne soutiennent l’Ukraine, tandis que la Chine maintient ses liens avec Moscou. L’Inde, elle, achète davantage de pétrole russe sans rompre avec les Occidentaux. Ces choix montrent que beaucoup d’États refusent de s’aligner sur un bloc unique. À l’ONU, le veto russe empêche le Conseil de sécurité de sanctionner l’agression.
    L’énergie rend cette interdépendance très concrète. En 2022, la réduction des livraisons de gaz russe fait bondir les prix en Europe. Les Européens diversifient leurs fournisseurs, notamment vers le gaz naturel liquéfié américain et qatari. Ils réduisent ainsi une dépendance, mais en créent d’autres. La transition énergétique déplace aussi les rapports de force : la Chine occupe une place majeure dans la fabrication des panneaux solaires et le raffinage de minerais nécessaires aux batteries.
    Enfin, le climat impose de coopérer, alors que les rivalités compliquent les accords. Les pays pauvres réclament des financements aux pays historiquement les plus émetteurs. À la COP28, en décembre 2023, un accord appelle à une transition hors des énergies fossiles, mais son application reste difficile. La multipolarité ne signifie donc pas un équilibre : elle multiplie les acteurs capables de négocier, mais aussi de bloquer. Reste à savoir comment partager les responsabilités dans un monde où personne ne peut agir seul.