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    Question d'oral

    Pourquoi l’essor des villes et des universités au XIIe–XIIIe siècle est-il un tournant ?

    Réponse d'oral

    L’essor des villes et des universités au XIIe–XIIIe siècle est un tournant du Moyen Âge, car il transforme l’économie, redistribue les pouvoirs et renouvelle les façons de penser. Grâce aux progrès agricoles et à la croissance de la population, les échanges se multiplient. Les villes accueillent davantage de marchands et d’artisans. Aux foires de Champagne, par exemple, les marchands italiens rencontrent ceux de Flandre pour échanger notamment des draps. La richesse ne vient donc plus seulement de la terre : elle repose aussi sur le commerce et le crédit.
    Cette évolution bouscule l’ordre féodal sans le faire disparaître. Des habitants des villes, les bourgeois, obtiennent des libertés communales : ils peuvent gérer certaines affaires locales, organiser les marchés ou limiter les prélèvements du seigneur. Les situations restent très diverses, mais le pouvoir doit désormais compter avec ces communautés urbaines. Les rois peuvent aussi s’appuyer sur elles pour renforcer leur autorité face aux grands seigneurs. La société devient ainsi plus complexe que le seul partage entre ceux qui prient, combattent et travaillent.
    Les universités, comme Paris, dont les statuts sont fixés en 1215, donnent également une nouvelle place au savoir. Maîtres et étudiants s’organisent en communautés reconnues. On y enseigne notamment la théologie, le droit et la médecine, en confrontant les arguments. Au XIIIe siècle, Thomas d’Aquin cherche ainsi à concilier la foi chrétienne et la philosophie d’Aristote. Ces établissements restent liés à l’Église, mais forment aussi les juristes et les administrateurs nécessaires aux pouvoirs. Ce tournant invite donc à chercher les racines du monde moderne au cœur même de la société médiévale.