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    Question d'oral

    La Peste noire (1347–1351) : quels effets économiques et sociaux peut-on observer à moyen terme ?

    Réponse d'oral

    La Peste noire de 1347–1351 provoque, à moyen terme, une pénurie de main-d’œuvre, une transformation des campagnes et de fortes tensions sociales en Europe. Elle tue probablement entre un tiers et la moitié de la population européenne, avec de grandes différences selon les régions. Des villages se vident, des terres sont abandonnées et les échanges sont désorganisés. Mais, pour certains survivants, cette catastrophe ouvre aussi des possibilités : les travailleurs devenus rares peuvent réclamer de meilleurs salaires, tandis que des paysans obtiennent des loyers moins élevés ou accèdent à des terres disponibles.
    Ce nouveau rapport de force fragilise certaines contraintes seigneuriales, sans faire disparaître la féodalité. Les propriétaires cherchent à maintenir leurs revenus et à retenir les travailleurs. En Angleterre, le Statut des travailleurs de 1351 tente ainsi de limiter les salaires à leur niveau antérieur à la peste. Cette résistance alimente les conflits. La révolte anglaise de 1381 s’inscrit dans ces tensions, auxquelles s’ajoute une lourde pression fiscale. Dans certaines campagnes, les terres cultivées sont converties en pâturages, car l’élevage demande moins de bras.
    Les effets sociaux sont donc inégaux : certains salariés et paysans améliorent leur situation, mais d’autres subissent la pauvreté, les violences ou la perte de leurs proches. Les retours de l’épidémie freinent durablement la reprise démographique. La peur favorise aussi la recherche de boucs émissaires, notamment les communautés juives, victimes de massacres dès 1348–1349. La peste accélère ainsi des changements déjà engagés, plutôt qu’elle ne crée seule un monde nouveau. Une catastrophe peut-elle transformer les rapports sociaux sans rendre la société plus juste ?