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    Question d'oral

    Pourquoi 1916 (Sykes–Picot) est-il un repère discuté mais incontournable dans l’histoire régionale ?

    Réponse d'oral

    1916 et les accords Sykes–Picot sont un repère incontournable dans l’histoire du Moyen-Orient parce qu’ils symbolisent le partage impérial de la région, mais discuté parce qu’ils n’expliquent ni toutes ses frontières ni toutes ses crises. Conclus secrètement en mai 1916, pendant la Première Guerre mondiale, ces accords franco-britanniques anticipent la défaite de l’Empire ottoman. Le Britannique Mark Sykes et le Français François Georges-Picot prévoient des zones de contrôle direct et d’influence. La France vise notamment le littoral syrien et libanais ; le Royaume-Uni, le sud de la Mésopotamie. Une administration internationale est envisagée pour la Palestine. Les populations concernées ne participent pas à cette négociation.
    Cet épisode devient donc le symbole d’une ingérence extérieure et d’une promesse d’autonomie arabe sacrifiée aux intérêts européens. Pourtant, la carte de 1916 n’est pas celle des États actuels. Les frontières et les pouvoirs se fixent ensuite, à travers les décisions de San Remo en 1920, les mandats français et britanniques, puis les conflits et les négociations. La création du Grand Liban, proclamée le 1er septembre 1920, illustre cette construction progressive. Les dirigeants et les mouvements locaux y jouent aussi un rôle : ils ne sont pas de simples figurants.
    Sykes–Picot reste ainsi une mémoire politique mobilisée pour dénoncer des frontières jugées imposées. En 2014, l’organisation État islamique prétendait effacer cet héritage en détruisant un passage frontalier entre l’Irak et la Syrie. Mais expliquer les crises actuelles par ce seul accord effacerait un siècle de choix politiques : comment reconnaître le poids des héritages sans en faire une fatalité ?