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    Question d'oral

    Comment traiter la question de l’appropriation culturelle (cinéma, jeux, mode) sans moraliser mais sans naïveté ?

    Réponse d'oral

    Traiter l’appropriation culturelle des mythologies africaines et amérindiennes dans le cinéma, les jeux et la mode, sans moraliser mais sans naïveté, consiste à examiner les usages plutôt qu’à condamner tout emprunt. Les cultures échangent et se transforment depuis toujours. Mais ces échanges ne se font pas forcément à égalité : certaines populations ont vu leurs pratiques interdites, avant de les retrouver commercialisées par d’autres. Il faut donc parler de mythologies au pluriel. Un orisha yoruba, une figure maya et une coiffe lakota ne sont pas des éléments interchangeables d’un même décor « exotique ».
    Le bon critère n’est pas seulement : « Qui a le droit de représenter quoi ? » Il faut aussi demander : que représente cet objet, qui participe au projet et qui en tire profit ? Une coiffe honorifique lakota utilisée comme accessoire de festival perd sa signification et devient un costume. À l’inverse, le jeu vidéo Never Alone, sorti en 2014, a été développé en collaboration avec des membres du peuple iñupiat d’Alaska. Leurs récits et leurs voix participent à l’œuvre : la culture n’est pas seulement prélevée, elle est transmise avec ses détenteurs.
    Cette collaboration ne garantit pourtant ni l’unanimité ni l’absence de clichés. Une communauté comporte des désaccords, et aucun consultant ne parle pour tous. Une démarche sérieuse suppose de préciser les traditions mobilisées, de respecter les restrictions entourant certains savoirs sacrés et de prévoir une rémunération équitable. L’enjeu n’est donc pas de figer les cultures, mais de se demander comment créer avec elles plutôt que simplement se servir en elles.