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    Question d'oral

    Kojiki et Nihon shoki : pourquoi compiler des mythes en 712/720 et pour quel usage (mémoire, légitimité, histoire) ?

    Réponse d'oral

    Le Kojiki, compilé en 712, et le Nihon shoki, achevé en 720, rassemblent les mythes japonais pour conserver une mémoire commune, légitimer la dynastie impériale et inscrire ses origines dans une histoire organisée. Ces ouvrages apparaissent au moment où le pouvoir japonais se centralise et s’inspire des institutions chinoises. Fixer les traditions par écrit permet de mettre en ordre des récits jusque-là transmis notamment par les lignages. Mais cette mémoire est aussi une sélection : elle place la famille impériale au centre du passé japonais.
    Leur enjeu politique est très concret. Les récits font descendre la lignée impériale de la déesse solaire Amaterasu, dont le petit-fils Ninigi serait venu sur terre. Cette généalogie donne au souverain une origine divine : son autorité semble prolonger l’ordre du monde. Les deux ouvrages n’ont cependant pas exactement la même orientation. Le Kojiki associe récits divins, généalogies et traditions de cour, avec un fort ancrage japonais. Le Nihon shoki, rédigé en chinois classique et organisé en annales, présente davantage le Japon comme un État doté d’une histoire comparable à celle des grandes dynasties chinoises. Il conserve aussi plusieurs versions de certains mythes.
    Ces compilations ne sont donc ni de simples recueils de légendes, ni des livres d’histoire au sens actuel. Elles mêlent croyances, souvenirs, rituels et construction politique. Elles servent à expliquer les origines, à ordonner les places des familles et à affirmer la continuité du pouvoir. Leur lecture invite ainsi à demander comment toute société transforme son passé en récit collectif.