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    Question d'oral

    Traduire dharma ou kami : quel est le risque d’une traduction “trop facile” ? Propose une stratégie.

    Réponse d'oral

    Traduire dharma par « devoir » ou kami par « dieu » présente le risque d’une traduction trop facile : elle donne une impression de clarté, mais déforme des notions liées à des traditions précises. En Inde, le dharma peut désigner l’ordre du monde, une règle de conduite ou les obligations associées à une situation. Dans le bouddhisme, il peut aussi désigner l’enseignement du Bouddha. Au Japon, les kami ne correspondent pas exactement aux dieux des mythologies européennes : ce sont des êtres ou des présences vénérés, associés notamment à des lieux, à des phénomènes naturels ou à des ancêtres.
    Un exemple montre pourquoi cette nuance compte. Dans la Bhagavad-Gītā, intégrée au Mahābhārata, le guerrier Arjuna hésite à combattre des membres de sa famille. Krishna lui rappelle son dharma de guerrier. Traduire seulement par « devoir » risque de faire croire à une consigne morale valable pour tous, alors que son rôle particulier est essentiel. De même, Amaterasu, figure solaire du shinto, est un kami, mais tous les kami ne sont pas des personnages comparables à Zeus.
    La meilleure stratégie est donc une traduction contextualisée. On conserve le mot original lors de sa première apparition, puis on l’explique brièvement : « dharma, ici les obligations liées au rôle de guerrier ». Pour kami, on peut proposer « présence ou être vénéré dans le shinto », puis préciser selon le récit. Il ne s’agit pas de renoncer à traduire, mais de rendre compréhensible sans effacer les différences. Traduire une culture, n’est-ce pas aussi apprendre à ne pas tout ramener à la sienne ?