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    Question d'oral

    La mythologie nordique est-elle une “religion” au sens moderne du terme ? Quels indices (rites, textes, institutions) ?

    Réponse d'oral

    La mythologie nordique n’est pas une « religion » au sens moderne du terme à elle seule : elle rassemble les récits d’une religion vécue, avec des rites, des croyances et des lieux sacrés. Si l’on entend par religion une Église centralisée, un livre saint et une doctrine obligatoire, le modèle convient mal. Mais si l’on désigne des pratiques reliant une communauté aux dieux, aux morts et aux puissances de la nature, alors oui. Les récits d’Odin ou de Thor appartenaient à cette vie religieuse, sans en constituer la totalité.
    Les rites sont un indice essentiel. Lors des blóts, des sacrifices et des banquets accompagnaient les demandes de fertilité, de victoire ou de protection. Les amulettes en forme de marteau de Thor, retrouvées dans des tombes de l’époque viking, témoignent aussi d’un attachement religieux. Il existait également des responsables du culte : en Islande, les goðar associaient autorité sociale et fonctions religieuses. Des chefs et des rois pouvaient présider des cérémonies. On trouve donc des institutions, mais pas un clergé unifié comparable à celui de l’Église médiévale.
    Enfin, les récits écrits demandent de la prudence. L’Edda de Snorri Sturluson, composée vers 1220, conserve de nombreux mythes, mais son auteur est chrétien. L’Islande avait officiellement adopté le christianisme vers l’an 1000. Ces œuvres ne sont donc ni des témoignages directs de toutes les pratiques anciennes, ni une Bible nordique. Il faut les croiser avec l’archéologie. Ce cas invite finalement à se demander si notre définition de la religion ne dépend pas trop des traditions que nous connaissons le mieux.